Le travail entre condamnation et perdition, le travail comme ressort primordial de l’organisme humain, le travail qui marque de son sceau l’âme et le corps de toute une vie. Ainsi que le titre l’indique, le travail est le thème principal de « Works », roman autobiographique de Vitaliano Trevisan, écrivain italien né en 1960 et décédé en 2020. La traduction française, publiée aux éditions Verdier, est l’oeuvre de Christophe Mileschi et Martin Rueff. Écrit dans un style très original, une style nerveux comme le rythme de la musique de jazz, « Works » se situe dans l’Italie du Nord-Est, la région où le travail est une véritable religion, la région où s’est accomplie une grande partie du « miracle économique » italien, la région d’ou était originaire Trevisan. Le roman, qui couvre la période des années 1970 - 1990, jusqu’aux années 0 du XXIème siècle, est aussi une réflexion sur la vie politique italienne, notamment sur les années Berlusconi. La politique s’entremêle avec la vie de l’auteur, ses problèmes familiaux, ses déceptions amoureuses, ses problèmes d’addiction à la drogue. Il est aussi très intéressant de découvrir comment VitalianoTrevisan se réfère à deux auteurs qui l’ont particulièrement marqué, l’autrichien Thomas Bernhard et l’irlandais Samuel Beckett.