La condition des femmes, l’Italie profonde, la naissance du fascisme, l’expédition coloniale en Ethiopie, la guerre, l’occupation allemande, la résistance, la libération. Un ténébreux tableau de l’Italie depuis les années 1920 à la moitié des années 1940. C’est ce que nous offre le roman de Nicoletta Verna « I giorni di vetro » traduit en français sous le titre « Les jours de verre ». L’héroïne s’appelle Redenta, une femme à la fois fragile et lumineuse, victime de la polio. La jeune fille naïve et vulnérable née le 10 juin 1924, le jour même de l’assassinat par les fascistes du député socialiste Giacomo Matteotti, traverse l’époque infernale de la violence mussolinienne, puis de l’occupation allemande, dans la région de l’Émilie-Romagne, région natale de Benito Mussolini. Elle épouse un hiérarque fasciste surnommé Vetro (verre) car on lui a remplacé par un oeil de verre celui qu’il avait perdu en Ethiopie dans la guerre coloniale. Vetro est un personnage violent, sadique, féroce, responsable de massacres en Ethiopie. Il maltraite Redenta, qui finira par se libérer de son emprise grâce à sa rencontre avec Iris, une femme résistante. Pour ce roman à la trame implacable, Nicoletta Verna a obtenu le prix de littérature de l’Union européenne et le prix Manzoni di roman historique 2025.