« Pourquoi les fascistes n’aiment pas les spaghettis » est le titre ironique et provocateur du livre de Francesco Tavola. L’auteur, physicien nucléaire, est un globe-trotter que sa spécialité appelle aux quatre coins du monde et qui emporte, partout où il va, des provisions de pâtes et d’ingrédients pour préparer sur place de savoureuses recettes pour les étrangers qu’il rencontre. Et pour raconter à ses nouveaux amis l’histoire secrète des pâtes et les mille manières de les préparer. Ce livre brillant, écrit directement en français, et publié aux éditions Istya & Cie, fourmille d’anecdotes, et c’est l’une d’elles qui lui a valu son titre. Dans les années 1930, le futuriste Filippo Tommaso Marinetti, puis Benito Mussolini lui-même orchestrent une campagne contre les pâtes, jugées émollientes et décadentes, peu conformes à l’idéal viril du fascisme, à l’inverse du riz proclamé vivifiant et national (la plaine du Pô) et donc fasciste, alors que la pasta du Sud incline à la sieste. Détail hilarant: la campagne contre les pâtes est brusquement interrompue le jour où un photographe a surpris Marinetti attablé devant une énorme assiette de spaghettis.